Sevrage tabagique

Le Sevrage Écologique du Tabagisme Addictif

 

Sevrage
C’est se séparer rapidement et durablement de ce qui semblait indispensable, irrépressible à un moment de la vie dans le passé et qui ne l’est plus aujourd’hui. En laissant dans le passé ce qui n’a plus lieu d’être, la personne peut s’adapter à un contexte présent différent et se tourner vers un futur sain à tous les niveaux : physique, mental et émotionnel.

 

Écologique
L’écologie, c’est la « Connaissance du Système » :

  • Le sytème interne de la personne, les relations entre toutes les « parties » d’elle-même, les différentes facettes de sa personnalité, les valeurs importantes pour elle (ses motivations : liberté et choix, longévité, santé, équilibre personnel, activité physique, etc.). C’est l’écologie interne.
  • Le système externe de la personne, ses relations avec l’entourage, les personnes avec lesquelles elle veut maintenir de bonnes relations : famille, amis, collègues, etc. C’est l’écologie externe.

Ce protocole de sevrage respecte à la fois le système intra-personnel de la personne, ses motivations conscientes et/ou inconscientes et son système inter-personnel, ses liens sociaux.

Pour reprendre une phrase du psychiatre Julien Betbèze, ‘’Nous sommes des êtres corporels et relationnels’’. Comme pour tout être vivant, notre corps est un système d’éléments en inter-action, et il est lui-même en inter-action avec les autres autour de lui.


Au-delà du comportement visible ‘’fumer’’, le SETA prend en compte iles intentions positives invisibles, les motivations anciennes et profondes, essentiellement inconscientes, qui ont poussé la personne à commencer à fumer et à poursuivre ce comportement négatif (voire à le reprendre après arrêt).

Si l’intention passée a été et reste éventuellement positive, en revanche le comportement est et a toujours été et sera toujours négatif, nuisible pour la personne.

Ce protocole de sevrage reconnaît comme positives ces motivations passées et les intègre afin de les satisfaire autrement, de manière positive dans le futur. Il favorise ainsi une intégration corps-esprit, une collaboration conscient-inconscient, un alignement pour la personne entre :

  • ses actions (ce qu’elle fait), ses comportements
  • ses intentions (pourquoi elle le fait), ses valeurs
  • et ses relations (avec qui elle partage ces intentions)

En résolvant le conflit intérieur du passé, ce changement écologique se maintient aisément dans le futur. La congruence (cohérence globale) générée permet à la personne d’accéder à ses ressources de créativité inconscientes, et de mettre en œuvre ce changement rapidement, durablement et facilement. Lorsqu’on est congruent, on agit sans effort ni tension.

 

Tabagisme
Ce protocole est spécifiquement destiné au traitement du tabagisme, en raison du caractère souvent ancien, répétitif et fréquent du geste ‘’fumer’’ devenu au fil des ans une habitude particulièrement tenace.

Déclenché le plus souvent à l’adolescence pour « faire comme les autres » (les ‘’grands’), ce mimétisme comportemental inconscient[1] est ensuite « recruté » pour satisfaire d’autres motivations multiples et variables selon les personnes.


Addictif
Si certaines personnes peuvent aisément choisir de fumer ou non, d’autres, au contraire, sont devenus « addicts » au tabagisme et pensent ne plus avoir ce choix-là : le tabagisme semble alors faire partie intégrante de leur identité et elles se disent par exemple : ‘’Je suis fumeur / fumeuse, c’est plus fort que moi, c’est une partie de moi’’’.

En agissant essentiellement au niveau inconscient, ce protocole apporte à ces personnes une profonde libération intérieure, la reprise en main de leur vie.

 

L’organisation de l’intervention

Préalablement à la séance, un document est adressé à la personne pour l’aider à :

  • Identifier ses motivations pour arrêter de fumer : C’est en s’appuyant sur elles que la personne peut enclencher ce changement.
  • Prendre conscience de ses habitudes comportementales et de leurs déclencheurs : En s’auto-observant, la personne casse les automatismes comportementaux, commence à reprendre le pilotage de ses pensées et à retrouver seule sa capacité de choix (‘’Je fume… ou pas !’’)
  • Imaginer les changements positifs apportés dans sa vie par le sevrage tabagique : En visualisant concrètement ce qu’elle souhaite à l’avenir, elle lève de nombreux freins (inconscients) simplement dûs à l’absence de vision de son futur[2].

La séance elle-même est individuelle, parce que chaque personne est unique et nécessite une approche spécifique. Elle dure environ 3 heures et est divisée en deux parties :

  • Une première partie permet de recueillir les informations spécifiques concernant son histoire, son contexte de vie, ses habitudes, ses motivations, ses ressources personnelles et relationnelles et d’exploiter son expérience d’auto-observation préalable. Il arrive d’ailleurs parfois (rarement !) que certaines personnes arivent à la séance en ayant déjà arrêté de fumer.
  • Une deuxième partie où toutes ces informations sont pour adapter le protocole d’intervention aux spécificités de chaque personne.

Une deuxième séance peut parfois être nécessaire pour lever une dificulté qui n’était pas apparue à la première séance, modifier une stratégie inconsciente « d’auto-sabotage », recadrer une « fonction » du tabagisme non identifiée la première fois, etc.

 

La dépendance physique à la nicotine
Scientifiquement, cette soi-disant « dépendance » à la nicotine est très controversée. Le consensus semble se faire autour de l’idée que ce serait surtout la combinaison de plusieurs substances ajoutées au tabac (dont la plus importante serait le sucre, le saccharose) qui potentialiserait l’effet addictif du tabagisme.

Je laisse ce débat aux « experts » pour m’intéresser à ce qui, selon moi, est le cœur du problème et donc la piste la plus pertinente de solution : la dépendance psychologique au tabagisme, au geste de fumer[3].


La cible de l’intervention thérapeutique
L’intervention porte précisément sur cette dépendance psychologique et sur les deux mécanismes inconscients qui l’ont construite :

  • Le « besoin » initial de régler un « problème » émotionnel, essentiellement celui d’être exclus du groupe auquel on veut appartenir, celui des « grands ». J’ai posé des centaines de fois la question : ‘’Quand avez-vous commencé à fumer, dans quel contexte et pour quelle raison ?’’. À chaque fois, sous des formes légèrement différentes, la réponse est la même : ‘’Pour faire comme les autres !’’Mais pas n’importe quels « autres » : ceux qui ont l’air d’être bien dans leur peau, affirmés, sûrs d’eux, rebelles, indépendants, etc. En un mot, ceux qui sont « grands », les « adultes ».
  • La mise en place progressive d’habitudes gestuelles basées elles-mêmes sur des associations mentales entre le geste de fumer et certains déclencheurs spécifiques (réveil, pause, repas, solitude, convivialité, changement, stress, etc.).

Ces deux mécanismes sont en grande partie inconscients, ce qui explique l’efficacité de ce protocole basé sur l’hypnose.



[1] Pour plus d’informations sur l’importance des neurones miroirs dans l’apprentissage inconscient du tabagisme par mimétisme, se reporter à l’article en page d’accueil ‘’Neurones miroirs et tabagisme’’.

[2] Se représenter le futur sans tabac est une difficulté fréquente des personnes qui viennent pour ‘’arrêter de fumer’’. Elles savent parfaitement ce qu’elles ne veulent plus (tousser, être essoufflé, être malade, sentir mauvais, etc.), mais, parfois, elles n’ont en revanche aucune représentation mentale de ce qu’elles veulent : leur «écran mental » ressemble alors à un tunnel noir, ce qui peut dans certains cas déclencher une peur panique du changement : ‘’Que vais-je faire maintenant en prenant un café, quand je ferai une pause, après le repas, etc. ?’’Une « tentative de solution » peut être alors de vouloir tout arrêter en même temps, le tabac, le café, les pauses, les repas avec les amis, etc., ce qui est la meilleure stratégie d’échec. Une autre stratégie d’échec est d’annuler le rendez-vous à la dernière minute sous un prétexte quelconque… Le travail du thérapeute sera alors d’aider la personne, par un langage approprié, à construire mentalement les représentations mentales de ce qu’elle veut dans son futur.

[3] Il est curieux de constater que pour aider les gens à se débarrasser soi-disant de la nicotine, on leur vende des « substituts » à la nicotine – qui n’en sont en fait que des « emballages » différents ! C’est comme si on voulait aider quelqu’un à se libérer de la dépendance à l’alcool en lui injectant de l’alcool pur en intraveineuse…


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